Des fois on nous demande pourquoi on voyage, quel plaisir peut on eprouver a se braquer autant de kilometres dans des bus tous pourris, sur des routes cahotiques pour se retrouver au trou du cul du monde.
La matinee que l'on vient de vivre est une belle reponse.
Nous sommes a Piura, une ville sans grand interet, nous decidons donc d'aller petit dejeuner avant de prendre un bus pour continuer notre periple.
Nous nous rendons donc dans un petit bar restaurant que nous avons decouvert la veille, le " Art rock cafe ". Il est tenu par un jeune suisse/peruvien et sa mere, Antonieta. Au moment de nous servir nos tartines, cette derniere commence a discuter avec nous, elle parle un francais approximatif mais tres agreable apres cette semaine de baragouinages espagnols.
Elle nous explique alors qu'elle est tres engagee dans le benevolat , qu'elle partage son temps entre ici et la Suisse, afin de recolter des fonds pour mettre en place et aider les ecoles et ainsi permettre aux enfants non seulement une scolarite mais aussi la possiblite d'avoir au moins un repas dans le ventre,tellement ces bouts de chou sont issus de famille necessiteuses, qu'ils viennent a l'ecole en courant, tirailles par la faim...
Il ne manque qu'une aureole a cette femme qui nous irradie de son sourire et de sa bonte.
Apres moult discussions, elle nous convainc d'aller a la rencontre de ces ecoliers a l'autre bout de la ville.
Nous voila donc embarques dans un taxi, accompagnes de Flora, la cuisiniere du restaurant.
Nous arrivons dans un decor digne du Far west, quelques maisons de taule au milieu d'un terrain vague, on appercoit au fond un petit tobogan devant un minuscule carre de beton, on frappe a une porte en ferraille bleue. Isabella, la maitresse, nous ouvre. On lui tend le petit papier qu'Antonieta a ecrit a son attention, lui expliquant qui on est, qu'on ne parle pas espagnol mais qu'on serait ravis de rencontrer ses petits.
Nous rentrons dans la classe aux murs bleus couvert de dessins et la, le charme opere, sans paroles, les etoiles crepitent dans les yeux,des sourires d'abord timides, puis des eclats de rire,des chansons, des poesies,des danses....
Nous entonnons a notre tour un "petit papa noel"avec la voix qi chevrotte , puis on distribue des orange , on les epluche, on fait le gouter avec les ptit bouts, Emilio, Ernesto,Julia, Dalida,Miguel et tous les autres. Cyril a meme une petite amoureuse qui se tortille devant lui et qui lui donne ses craquer's !
Puis on va visiter la cantine, deux aglos, un feu, une marmite, un bouillon, quelques legumes, une soupe se prepare.... Un enorme four a pain permet d'assurer un revenu supplementaire pour subvenir aux besoins de l'ecole.
Quand tout a coup, Flora nous ramene a la realite, elle doit retourner travailler, on rappele un taxi, on a droit a un bisou par gamin, et on ne se rend pas compte a ce moment la,que cet instant va combler leur existence pour un bout de temps, voire meme les les marquer a vie...Cyril a droit a une double ration de bisous et de craquer's, et voila, on a la reponse de pourquoi on se casse au bout du monde, m'sieur dames....
RAYITO DE LUZ- NESTOR MARTOS-PIURA